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7.7.06

marre....à bout

On nous avait prévenu, à notre arrivée, que nous serions là pour un bon moment sans toutefois, nous donner de limites( les médecins eux même n'en avaient aucune idée). Aujourd'hui, nous arrivons à un état mental et physique que nous ne soupçonnions pas. Bien que, nous nous le cachions, nous sommes en train de craquer...99 jours c'est très long et il s'en passe des choses. Maintenant, notre patience s'amenuise comme une peau de chagrin, car Alexandre progresse à grands pas. Malgré cela, c'est encore trop long. Nous ne sortons pas ou très peu. Le travail (pour Olivier) et le temps passé à l'hopital usent. La chienne, le chat et la maison sont mis entre parenthèse.La moindre contrarieté peut devenir insurmontable. Aprés l'effet de surprise, l'assommoir de la dure réalité,le désarroi, l'injustice, l'incompréhension de l'entourage, l'acceptation, la résignation et l'accompagnement. Nous sommes passés par tout les stades de pensées et avons dû surmonter toutes les difficultés une à une. Il n'est pas prétentieux de dire, que nous sommes fières de ce que nous avons accompli. Aujourd'hui, nous avons envie de dire, que nous avons assez morflé et que nous souhaitons que tout cela cesse.
Paradoxalement, plus les nouvelles sont bonnes, moins nous sommes patients.Je m'enerve pour de petits riens, j'ai un besoin vital de CALME et de TRANQUILLITE. Olivier et moi même sommes épuisés.Puis, nous réalisons, que la place d'Alexandre est parmi nous. Au surplus, notre petit bonhomme nous découvre : il nous touche, nous observe et gazouille . Petit à petit, nous nous réapproprions notre rôle de parents.A l'instant, à l'image de l'équipe de France de football, nous préparons notre finale à l'issue d'une qualification laborieuse! (rire) Effectivement, nous avons d'autres attentes...

Joyeux anniversaires!

Ca y est, Alexandre est né! Ou plutôt il aurait dû naître aujourd'hui... Cet enfant a une particularité hors du commun: celle d'avoir trois anniversaires! Je vous vois venir, vous qui me lisez vous dites "le soleil tape trop fort sur sa tête"! Et bien pas du tout. En effet, Corinne ayant un utérus cicatriciel, il était prévu de procéder à une césarienne le 15 juin 2006 soit, trois semaines avant le terme... Le 7 juillet 2006: aujourd'hui!
Cependant, notre moussaillon était préssé de parcourir les sept mers du globe et s'est présenté sur le pont le 31 mars 2006! Comptez, cela fait bien trois anniversaires et s'il vous plaît pour une seule personne!!!
Pour les lecteurs les plus assidus, vous remarquerez que ce petit texte fait écho à un précédent écrit il y a déja deux mois je pense, dans lequel je faisais allusion au temps...
A l'occasion de son troisième et premier anniversaire, sa mère et moi avons décidé de prendre l'après-midi afin de faire "chauffer" la Carte Bleue: nous allons lui acheter une commode pour ranger sa garde-robe déja impréssionnante! Mais, chut! C'est un secret : c'est son cadeau d'Anniv'!
Bon anniversaire moussaillon et merci de nous apporter tant de bonheur.

6.7.06

C'est ma tournée!

Si il ya une chose dont nous n'avons jamais parlé c'est: la joie du ventre! En effet depuis prés de trois semaines (ou un peu plus je ne sais plus), Alexandre boit au biberon. Certes, cela n'a pas été facile, monsieur a dû commencer par de trés petites prises (moins de 10ml), couplées avec le gavage. Il y eût même quelques essais au sein ( Moussaillon se prennant pour Charcot dans l'Himalaya). L'apprentissage de la déglutition etant fort délicat car il faut au surplus apprendre à respirer au diapason. Résultat: moultes bradycardies et désaturation!
D'autant qu'Alexandre s'est montré rapidement glouton. Ce qui a contribué à son passage de la "réa" au soins intensifs, a été son adaptation à ce nouveau mode d'alimentation.
La quantité proposée n'a céssé d'augmenter, aujourd'hui Maman et Papa lui donnent en moyenne 45ml de lait! Je ne saurai dire si il a la notion du goût, bien qu'il ne prenne aucun plaisir aux "saveurs" de son Gaviscon (traitement anti-reflux).
Pour moi, le biberon est devenu avant tout un moment de complicité indispensable entre notre fils et moi. Ce qui me fait plaisir c'est d'imaginer que, comme moi il sera peut-être le premier à table et le dernier à en sortir!!!
Malheureusement, il est fréquent que l'apport nutritionnel du lait maternel ne comble pas un appétit féroce de "préma", c'est pourquoi il est "épaissit". Cette opération ayant également pour finalité de minimiser les régurgitations de l'enfant.
Quoiqu'il en soit, je ne me lasse pas de le regarder se repaître et comme chantait Daniel Balavoine "Dieu que c'est beau"!

heuuu....Pouvez vous m'indiquer la sortie?

5.7.06

histoire de l'âme

Lorsque Alexandre est né, je me suis dit qu'une fois de plus, la vie nous avait sorti sa botte secrète. Un peu comme la botte de Nevers. Je me suis sentie complètement déstabilisée, car dans notre entourage familiale, les seuls à avoir cru à la combativité d'Alexandre étaient mes parents et ma belle mère. Il a fallu que je puise au plus profond de moi pour pouvoir surmonter ma souffrance et essayer de retrouver mes esprits, afin d'encourager mon fils dans son long et perilleux combat. Cette épée de Damoclès que nous avions au dessus de la tête son père et moi, nous a longtemps menacé.
Une histoire extraordinaire est arrivée à des gens ordinaires, dont petit à petit, une fois le combat quasi remporté, ce sont vus encouragés par des gens qui ne croyaient pas à la victoire.Par le plus grand des hasards, ceux qui n'ont pas cru en lui, sont malheureusement aujourd'hui, les premiers à se manifester.... Néanmoins, nous ne le dirons jamais assez, nous nous sommes sentis bien seuls dans ce combat, mais n'est-ce pas là en définitive, le dur apprentissage du métier de parents? Nos sentiments, nos émotions ont évolué au fil des semaines. Nos meilleurs alliés, depuis le début de ce duel, qui oppose Alexandre face à la mort, sont le temps, la patience, le corps médical, la confiance, l'espoir et l'ardent désir de vivre de notre petit bonhomme.
Vivre c'est changer du temps en expérience....( Caleb Gattegno)

4.7.06

l'heure du bilan approche

Au bout de trois mois de réanimation et de huit jours de soins intensifs, il est temps de faire le point du côté parental. Ceux et celles qui ont eu la chance de vivre une grossesse de neuf mois, ne peuvent pas imaginer ce qu'il peut se passer dans la tête de parents dont le rêve se termine brutalement. Olivier a cru que le ciel lui tombé sur la tête, sale et hirsute, il s'est rendu à l'hopital et s'est retrouvé devant une couveuse dans laquelle se trouvait notre fils. Sans vouloir choquer qui que ce soit, il a pensé que cela équivalait à mettre une côte de porc dans un four à pizza! Tout ce qu'il avait prévu de lui dire, c'est évanoui. Tout ce qu'il a été capable de dire à Alexandre :"te voilà enfin!"Lorsque l'ambulance est partie, il est resté seul avec ses doutes et ses angoisses : notre enfant allait-il survivre? Ne serait-il pas un animal de laboratoire?Ne fallait-il pas plutot me privilégier? Imaginez votre femme au Sud et votre enfant au Nord et une journée n'excédant pas douze heures. Que faire? Durant une semaine de vacances qui n'en furent pas, Olivier était partagé entre Alexandre et moi, en totale incursion en un monde totalement inconnu...Voir son bébé couvert de divers fils et sondes dans une couveuse surchauffée, tout cela dans une ambiance sonore insupportable. Vous en conviendrez, il y a de quoi perdre la raison et moi dans tout ça? Moi qui comptais sur Olivier pour assurer le lien entre Alexandre et moi. Imaginez un instant quel put être mon sentiment lorsque l'on me présenta trois jours aprés mon accouchement mon petit bonhomme, ajoutez à cela l'isolement d'un couple qui vit hors de sa région d'origine sans famille, ne pouvant compter que sur un noyau d'amis. Comme on dit vulgairement " nous étions à la rue ". Pendant un moment, je me suis sentie dépossédée de mon enfant au profit d'inconnu(e)s. Pensez aussi au complexe que j'ai du surmonter, celui de me sentir responsable de cet accouchement prematuré. Notre vie jusqu'à trés recemment, ne s'est articulée qu'autour des visites à l'hopital ( pas de loisirs) le vide total. Nous avons dû surmonter nos frayeurs, domestiquer les machines et nous adapter au corps médical. Au fil des semaines, la chambre d'Alexandre est devenue notre seconde maison et le personnel , une sorte de "famille d'accueil". Sachant bien sûr, que dans une famille , il y a toujours des hauts et des bas, mais qu'à la fin on finit toujours par se réconcilier! ( rires) Plus Alexandre progresse et plus nous nous sentons chez nous. Olivier pense en exagérant un petit peu, que nous avons subi " une sorte de syndrôme de Stockholm" ( éclat de rire). Les amateurs de psychologie apprécieront. Aujourd'hui, l'instant tant attendu est arrivé. Alexandre est aux soins intensifs et son état se stabilise de jours en jours. Notre " famille d'acceuil" nous manque. Nos re-pères ne sont plus. Paradoxalement, ce n'est plus à notre fils de s'adapter aux services ...mais à nous! Fatalement nous en venons à établir des comparaisons entre la réanimation et les soins intensifs. Et comme un fait exprés, la réanimation sort toujours vainqueur de la comparaison ( vous aurez bien compris que cela n'a rien d'objectif). Olivier se pose parfois la question de l'aprés hopital et se demande si, livrait à lui même, il sera à la hauteur du rêve de toute sa vie. L'histoire continue.....

1.7.06

les faiseurs de rêves

N'oublions jamais, que si nous en sommes là, c'est grâce à la dévotion, au dévouement et avant tout à la compétence de toute une équipe du plus petit au plus grand, c'est à dire de l'agent des services hospitalier au chef de service. Tous sans exeption, nous ont aidé à vivre et à surmonter la peur qui nous étreignait de perdre notre enfant.Même face à la mort et de-facto à leur échec. Ils se sont montrés dignes de la confiance que nous avons mis légitimement en eux. Si vous aviez pu voir à quel point, dans l'urgence et le drame ces derniers nous ont ménagé, pour que nous ne souffrions pas trop de l'injustice qui frappe les enfants, dont quelque part nous sommes aussi d'une certaine façon, parents virtuels. A l'heure où nous écrivons, rien n'est fait pour notre fils qui peut hélas à tout moment régrésser. Néanmoins, nous pouvons d'ores et déjà remercier chaudement l'équipe et lui tirer notre chapeau pour tout ce qu'elle est capable de faire.
Un grand "merci" à toutes et tous.

90 jours et puis s'en vont...

Après 90 jours passés aux services de réanimation, Alexandre a intégré le service des soins intensifs ( étape obligée pour un enfant qui "va mieux"). Cela c'est fait tout en douceur. Mercredi soir, vers 18 heures, il a gagné les lieux et nous avons suivi, bien entendu. Il est dans un berceau chauffant depuis à peu prés 3 semaines et respire tout seul depuis une semaine. Nous avons dû nous aussi, nous acclimater:
nouveaux locaux, nouvelles machines,nouveau personnel.
Grande nouvelle! Alexandre partage la chambre avec une paire de jumeaux, dont nous suivons l'évolution depuis leur arrivée. Le service est plus convivial, moins stressant et surtout nous ne sommes plus directement confrontés à la mort. Il prend régulièrement son biberon, et lorsque le sommeil le gagne avant de le terminer, les infirmières ont recourt à la fameuse "tulipe"( qu'Olivier s'amuse à appeller le coquelicot) C'est une méthode de gavage "soft", qui consiste à vider verticalement le contenu du biberon dans une espèce de grosse seringue, qui elle même se trouve reliée à la sonde gastrique. Celle-ci a pour vertus la rapidité et notre enfant bénéficie de l'intégralité de son repas. Ce qui lui permet de commencer sa digestion et de se reposer, car teter lui demande beaucoup d'effort.Aujourd'hui , il fait 2 kilos 040 grammes. Aprés tant de temps et d'énergie nous entrevoyons le bout du tunnel, même si nous savons que notre petit bonhomme est susceptible de retourner en réanimation. L'espoir et la confiance nous animent toujours tout autant.

29.6.06

a lire dans 10 ans

Vichy le 27 Juin 2006,


Trés cher Alexandre,


Voilà que j'apprends que, trés vite, jour aprés jour, tu t'apprêtes à bloquer la balance qui s'affole vers les 2 kg. Oh la la! Quel dynamisme!
Quelle persevérance! Bravo! je crois même que tu as en vue de rattrapper, dans ce domaine, papa et maman. Les parents ne sont-ils pas des exemples? Les seuls exemples même, durant un temps. Doucement! Doucement! Prends ton temps tu sais, sur ce terrain là, quand on veut faire marche arrière, il est difficile d'embrayer et reculer demande dextérité, persevérance pénible et attention soutenue.
Toutefois, comme tu n'es pas encore convaincu ( je l'espère) que seul Mac Donald puisse eveiller tes papilles gustatives et combler ton estomac, tu peux encore, taquiner pendant quelques temps le pèse-personne.
J'entends dire en outre, que la douce brise méditérannéene ( celle qui avait accueuilli ton père , jadis) ayant réussi, par l'intermédiaire de "Ordy- Sony"(quelque chose) dont j'ignore tout, à remonter jusqu'à toi pour te caresser les narines, tu t'es dressé sur ton séant, l'ayant capté aussitôt, et t'es écrié: << à moi! A moi! la fraîche et pure brise du large, les embruns, et même toi, le mistral qui repousse la mer >>. Dis moi Alexandre, est-ce ainsi que c'est arrivé? L'ivresse n'a-t-elle pas été trop soutenue? Quel contraste! c'est grisant et inquiètant à la fois. Si j'ai fait une-un peu- longue pause, je ne t'avais pas oublié. Seulement les emm...de la vie que tu connais si bien déjà, m'ont tenue accaparée. je ne t'en dis pas plus, les tiens te sont suffisants et tu as assez à t'employer à, un à un, leur tordre le cou.
Alexandre, cher Alexandre, à bientôt sur un autre sujet. je compte sur toi pour faire savoir à papa et maman que je pense à eux aussi.
je ne te fais pas un "bisou", c'est trop ordinaire. Tout le monde s'envoie des bisous. De plus, un bisou, ce n'est qu'un mini baiser, donc restrictif. Et tu mérites L'EXTRAORDINAIRE...alors pour toi, mille tendresses s'échappant du fond de mon coeur.
Josette-de-Vichy

27.6.06

Bip bip..Zut!

Chaque novice qui foule le seuil d'un service de réanimation pédiatrique sera d'accord au moins sur un point: l'environnement sonore est insupportable!
L'enfant est comme l'on dit "scopé", c'est à dire connecté à un moniteur qui indique la courbe de ses indicateurs vitaux. Il ya la courbe de la fréquence cardiaque, celle de la saturation en oxygène et celle de la fréquence respiratoire. Un prématuré est souvent sujet aux apnées puis aux bradycardies et tachycardies (troubles du rythme cardiaque). Ces pathologies lors de leur survenance génère des alarmes insupportables. Si vous ajoutez à cela la fin du gavage, la baisse de la température dans l'incubateur, l'infant flow (assistance respiratoire) vous n'avez qu'une envie c'est de vous transformer en une sorte de Jimmy Hendrix et de tout casser sur scéne! Au surplus, rajoutez les alarmes des chambres voisines, le téléphone et la chorégraphie réglée au millimètre du personnel soignant et la folie vous guette!!
Croyez-moi si vous voulez mais, on entend ces bips avant de rentrer et on les a dans la tête bien aprés que l'on soit rentrés chez soi.
Il est vrai qu'une heure en "réa" est aussi éprouvante qu'une journée de travail!(pour moi!)
N'ayez cependant pas peur car ces bruits incongrus sont garants de la survie de nos enfants...

deux petits anges

Parfois , un évenement ou un être si fugace soit-il peut marquer toute une vie. Ce fut notre cas, lorsque nous apprîmes la venue d'une paire de jumeaux dizygotes, prénommés Ambre et Alix. Nous ne les connaissions point, ni ne les avions approché. Nous ne les connûmes, que par l'intermédiare d'une amie commune. A leur arrivée, tout le service était en émoi, car il acceuillait, de trés petits bébés. Ils étaient si petits que l'on eut cru recueillir deux moineaux tombés de leur nid. Malgré les difficultés qui s'annonçaient, on sentait trés vite autour d'eux un halo d'amour, celui d'un père et d'une mère qui voyaient l'aboutissement de leur rêve, là devant eux. De jolis morceaux de musique bien choisis, sortaient de leurs chambres, marquant leurs présences tels les gazouillis s'échappant du nid, fragile mais si rassurant. Nous ne pûmes nous empecher de remonter le fil de la partition et rencontrâmes les parents. Ils avaient vécu la même chose que nous, et comme nous ils étaient restés soudés, accrochés à l'Espoir que la vie l'emporterait. Nous qui ne les connaissions pas, ne pouvions que nous reconnaitre en eux et sans leur avoir dit, partager l'espace de quelques heures, le bonheur commun d'être parents. La vie étant ce quelle est, on ne peut rien contre le destin.Ces petits êtres ont connu l'éclat et le rayonnement des étoiles filantes qui percent la noirceur du ciel, de leur lumière infinie. Nos âmes à jamais rayonneront de cette rencontre.

25.6.06

un peu de légèreté..

Un enfant prodige est un enfant dont les parents ont beaucoup d'imagination
Jean Cocteau


un enfant sans père est semblable à une maison sans toiture.
Proverbe Cambodgien


Quand un enfant nait, un père nait aussi.
Frederick Buechner


Qu'est -ce que je vais penser des autres femmes maintenant que je sais que ma mère peut mentir?
Marcel Pagnol


Comme une mère, une ville natale ne se remplace pas.
Albert Memmi


La coutume pour les parents d'embrasser leurs enfants avant qu'ils ne s'endorment se perd: ils sont trop fatigués pour attendre que leurs enfants rentrent se coucher. anonyme


Aprés m'avoir appris à parler, mes parents m'ont appris à me taire...
proverbe sioux


les parents qui ne battent jamais leurs enfants sont en général ceux qui ne courent pas assez vite
Anonyme


Quand j'étais petit, je faisais ce que mon père voulait. Maintenant, il faut que je fasse ce que mon fils veut.Mon problème est de savoir quand enfin je pourrais faire ce que je veux! Sam levenson

extrait du prophète

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, Parlez nous des enfants.
Et il dit:
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez acceuillir leurs corps mais pas leurs âmes,
car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous éfforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie ; car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

KHALIL GIBRAN

Tous ensemble

3 mois aprés notre arrivée le service ne désemplit pas, de nouveaux enfants arrivent et avec eux les parents que, nous essayons d'aider à trouver leurs marques. Je rappelle ce à quoi je crois: il faut verbaliser les émotions, parler ou écrire mais par-dessus tout PARTAGER. Ce qui nous est arrivé ne vous arrive peut-être pas ou bien alors autrement. Quoiqu'il en soit les besoins sont identiques: comprendre, comparer, apprendre et surmonter. Cela, on ne peut pas y arriver sans un minimum d'aide et de solidarité. Ne vous croisez pas en regardant par-terre mais souriez-vous, regardez-vous!
Votre enfant a besoin de vous, vous , vous avez besoin du personnel soignant et de l'expérience des parents qui vous ont précédé. Je nourris l'espoir que nous saurons nous contacter au-delà de la sortie de l'hôpital, que nous verrons nos enfants grandir (même de loin).
Considérez cette expérience comme un enrichissement personnel par de là de votre souffrance.
Si vous souhaitez nous faire part de vos réactions, même hostiles pourquoi pas, contactez-nous si possible nombreux sur notre nouvelle adresse E-Mail: olivedenice03@neuf.fr.
Souvenez-vous : l'Union fait la Force!

23.6.06

la vie en couleur

Cette aprés midi, on nous a fait part de la volonté de l'encadrement médical de faire disparaitre des murs et des vitres toutes traces de joies de vivre et d'insoucience que caractèrisent les personnages qui décorent les chambres. Pourquoi une telle décision?
Il semblerait que certains personnages aient une charge émotionnelle négative, qui évoqueraient soit la superstition,soit la mort. Les contes et légendes de notre enfance fourmillent de mauvais génies ou de sorcières .Sommes nous pour autant neurasthéniques,dépréssifs ou suicidaires?
N' oublions pas ce nos grand-mères nous disaient face au danger:" c'est en te brûlant que tu sauras que c'est chaud".En même temps, nous n'avions pas accés aux fourneaux.Peut-on raisonnablement imaginer que l'on efface toutes traces de puérilité?
La maladie ou l'infortune ne doivent pas nous faire perdre notre âme d'enfant.D'autant que lorsque nous étions parents novices au sein du service de réanimation,ces "icones" de notre enfance nous ont rassuré. Pour ceux qui douteraient, de l'utilité de ces ornements, qu'ils pensent à la joie que leur procuraient le grand Schtroumfph,des éclats de rire provoqués par la maladresse et la bêtise de Gargamel, aux tartes fumantes de Charlotte aux fraises ou bien encore aux moustaches trés british de Zébulon...

des souris et des hommes

Pour la première fois, je laisse s'exprimer ma colère sur le blog:
Nous avions déjà évoqué ces personnes qui, pour se rassurer ou pour se donner bonne conscience, s'arrêtent devant les vitres des chambres de nos petits, comme le font les clients des peep-shows! je dis et je le répète, nos enfants ne sont ni des abérrations , ni des bêtes de foire, ni même des animaux. Ce sont des êtres humains, qui ont largement gagné le droit à être respectés.Lorsque j'étais jeune, les personnes agées critiquaient le comportement désinvolte des adolescents. Aujourd'hui ce sont eux qui viennent "se rincer " l'oeil, au mépris le plus souvent de la présence des parents des bouts de chou du service. Le pire c'est qu'ils ne montrent aucun scrupule, ni même de regret.Ils considèrent que si une reflexion leur est faite, celle-ci est injustifiée! N'oublions pas que même si les patients sont petits, ils sont tout de même dans un service de réanimation. Que dirait la famille de ces gens si des enfants venaient pointer du doigt l'un des leur en réanimation?
Je trouve déjà choquant l'idée que l'on puisse payer pour voir des animaux sauvages en captivité, raison de plus pour avoir de l'égard vis à vis de nos enfants? Rappelons, que selon le comité national d'éthique le foetus est une personne, a fortiori les prématurés le sont tout autant.

17.6.06

Un lit vide...

Qui n'a pas vu la trilogie de Marcel Pagnol ? Cette série qui a pour thême les rapports familliaux et amicaux à Marseille. Dans le second volet, Honoré Panis, maître voilier sur le "vieux port" décède. Ce décès donnera lieu à une scène qui moi, m'a marqué à vie: la partie de cartes à trois. César pose son jeu et dit à ses compères qu'il ne peut plus jouer à côté d'une chaise vide... Ce vide etait l'espace occupé par son ami Panis. En biologie, on nous explique que la nature a horreur du vide si bien que, partout où il n'ya rien pousse ou naît quelque chose. On appelle cela le cycle de la vie.
Bien, les hommes, à l'instar de César nourissent également cette peur. Hier en rentrant dans la chambre d'Alexandre, je ne pû détourner mon regard de la vitre le séparant de la chambre vide, occupée la veille par un compagnon d'infortune plus âgé que l'ensemble des pensionnaires du service. Ses parents et sa famille l'ont "accompagné" jusqu'au bout mêlant toujours dans une trés grande dignité larmes et espoirs, sourires et résignation...
Semble-il le petit L.... s'en est allé là où dit-on on ne souffre plus.
Certes nous venons, chaque parent pour soutenir et encourager notre enfant et, Dieu sait combien j'aime mon "moussaillon" mais quand même, quelle détresse que ce vide, un vide qui emplit mon coeur. Peut-être est-ce cela l'âme : ce petit bout de quelqu'un qui pénetre le coeur de chaque personne qui partage le chagrin d'un départ...
J'aime mon fils, je l'aime tellement que je lui demande de se battre, en premier lieu pour lui-même puis, un peu pour nous et aussi pour prouver qu'André Malraux avait raison de dire "la vie ne vaut rien mais, rien ne vaut la vie". Notre existence, pour ceux qui en doute est précaire et ne tient à pas grand chose. Vous qui peut-être me lirez, sachez aimer chaque instant de votre vie et surtout, si c'est le cas n'hésitez jamais à faire partager votre bonheur et à dire aux gens que vous aimez, que vous les aimez...

16.6.06

congé de maternité

Jusqu'à trés récemment, le congé de maternité ne durait que 16 semaines en tout. Et bien c'est fini! Du moins est-ce le cas pour les mamans de prématurés. Voilà comment cela fonctionne: la date butoire est fixée à 35 semaines d'aménorhée, le "bonus" se calcule entre la date de l'accouchement (prématuré) et la fameuse 35ème semaine.
Un exemple pour fixer les esprits: notre petit trésor est né au terme de la 27ème semaine, mon Amour a donc droit à 8 semaines en complément des 16 semaines déja octroyées auparavant (35-27=8). Ce succés car, on peut considérer que cela en est un, a semble-t-il été obtenu grâce à la pugnacité des associations de parents. N'oubliez donc pas : l'Union fait la force! Apprennez-à vous battre comme ces enfants le font tout les jours et ensemble, faisons avancer la cause de la Famille!

11.6.06

Un jour de plus, un jour de moins


Un peu plus de deux mois se sont écoulès depuis que notre petit garçon est né, nous commençons à entrevoir sa sortie... En effet, cela fait une semaine qu'on le "teste" au biberon (le prématuré n'a pas naturellement le reflexe de têter).
Ce qui est trés touchant, c'est de le voir découvrir son univers: ses yeux grands ouverts sur ses peluches, l'air interpellé lorsqu'il regarde ou du moins essaie de regarder ses parents!
Hier, nous avons eu droit à deux surprises: la première fût de voir deux photos d'Alexandre dans son bain trônant au milieu des compresses et autres médicaments. Quelle délicate attention!!!
La seconde: son premier essai au sein, il etait aussi étonné que nous. Aujourd'hui nous avons les attributs des parents. Nous en sommes à la moitié du parcours mais quel parcours! jonché de peur, d'angoisse mais aussi de joie et de surprise.
Je m'autorise à dire que ces enfants sont formidables.
Sans doute le grand jour de sa sortie de la réanimation vers les soins intensifs se fera trés prochainement. Un jour de plus, un jour de moins!

1.6.06

Lettre à Alexandre

Vichy, le 29 Mai 2006,

Bien cher Alexandre,

Tu vas te rendre compte, aussi tôt, que j'avais décidé de t'ecrire, il y a déjà quelque(1) temps.
Pourquoi ai-je différé?Sans doute que c'est parce que comme toi même, je ne suis pas toujours au mieux du dynamisme qui devrait-en théorie- animer tout individu.
Donc tu étais à l'abri le 31 Mars à l'abri de toute agression, disons cela plus simplement de tout "emmerdements". Mais voilà, voilà qu'ils avaient déjà envie de s'insinuer dans ta vie et dans celle de ta maman. On a beau les brimer, les repousser et malgré tout ils gagnent.
Donc, ils ont gagné et il ne reste plus qu'à combattre leurs mefaits. En un mot il reste tout à faire. Toi si petit et des "emmerdements" si grands. J'ai opté pour te laisser tranquille, si l'on peut dire!
C'est une tranquillité vigilante et permanente qu'il t'a fallu entamer...
Je sais que tu es bien entouré, plein de dames et de messieurs si gentils et tellement savants!
Et maman et papa...tellement occupés à progresser avec toi! Et pépé et mémé qui sont venus te prêter main forte! Pépé vient de me dire que tu avais pu t'installer dans les bras de ta maman. Oh la la! Je sais que tes efforts démultipliés ont fait de toi, à ce jour, un grand, trés grand " petit bonhomme" Bravo Alexandre! Un si grand courage quand on est si petit.
Tu sais, je pense beaucoup à toi, trés trés souvent et longuement. Tu le mérites. Et si j'ai si mal écrit, c'est que mal installée, je jetais en même temps un coup d'oeil à la télévision, le Journal de la santé. C'étaient des plus grands que toi, mais des parasites, des démons les avaient assaillis eux aussi. Aux esprits démoniaques, toute proie est bonne. Mon petit doigt m'a dit que cet aprés midi, tu vas avoir de la visite. Peut être leurs pas résonnent- ils déjà dans le couloir...
Alors je te quitte, si tu le permets, désormais à mon tour, je te ferai quelques petites visites d'écriture. Eh oui! Avec l'écriture on dit qu'il faut trés tôt se familiariser, parce que au Cours Préparatoire, dans l'avenir, c'est un nouvel " emmerdement". Mais ce n'est pas vrai du tout. Tu viendras me voir et tu verras que c'est un grand bonheur.Et tu seras déjà disposé...
Je te fais de Vichy, un gros petit bisou, trés doux.
A bientôt! Alexandre...Et quel joli prénom!
Josette-de- Vichy
(1)Excuse moi, je ne sais plus s'il faut le pluriel. Nous verrons ça tout les deux plus tard