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28.1.08

Seul au monde


En lisant Prémablog, un blog concernant une histoire similaire à la notre, j'ai compris que la souffrance qui avait été la notre, ne s'était pas estompée avec le temps.
En effet,à des moments très précis de ma vie, je revois des situations que j'ai connu comme si j'y étais toujours : la solitude ressentie le jour de l'accouchement, lorsque pour seule compagnie, la standardiste de l'hôpital a daigné prêter l'oreille à ma détresse.
Ce jour là, ma femme allait accoucher dans des conditions inconnues, alors que j'aurais dû être heureux , je ressentais une angoisse qui pouvait se résumer à cela, qui de la mère ou de l'enfant survivrait. C'est bien en ces termes là que se posait le problème.
Pour tout réconfort, j'eus un appel de mon père m'invitant à ne pas m' attacher à l'enfant qui n'avait aucune chance de survivre!
Bien qu'il s'excusa peu de temps après, je peux dire que c'était la dernière chose que j'espérais entendre.
Dans les jours qui suivirent la naissance d'Alexandre, dans le désarroi et le dénuement dans lequel nous nous trouvions face à une situation qui nous dépassait, je me trouvais bien isolé loin de ma famille d'origine.
Au mieux, on me servait de la condescendance polie, au pire, on pleurait avec moi comme pour se préparer au pire.
Le soutien n'a commencé à venir qu'au fil de nouvelles rassurantes, un peu comme un outsider, sur lequel on mise après qu'il eut vaincu un adversaire plus fort que lui.
Cela aurait pu être mieux vécu si ne c'était pas greffé sur cette situation déjà pénible, une haine et une rancoeur à ce jour non dissipées à l'égard de ma femme.
Aujourd'hui en écrivant ces lignes, j'en viens à me demander si on ne lui a pas reproché d'avoir accouché avant terme...
Certes, il arrive souvent à la bru ou au gendre d'avoir " volé " le fils ou la fille prodige, toutefois, il est des situations dont celle-ci fait partie, qui requièrent de tous les membres d'une famille ou d'un clan où l'union sacrée autour de la préservation de la vie.
Nonobstant l'aide matérielle qui nous a été apporté par mes parents, ceux-ci, ont été bien absents, là où je les espérais.....à nos cotés....dans cette lutte contre le désespoir.
Véronique ( sur Prémablog) nous explique que ses blessures ne sont pas refermées au bout de 11 ans. Je vous laisse juge de notre situation au bout de 23 mois.
Ce que je sais, c'est que je mettrais beaucoup de temps, à oublier de ceux que j'espérais le plus, ce que je considère comme une trahison.
Je compare aujourd'hui avec le recul leur attitude à celle d'un candidat à une élection appelant à voter pour l'un de ses concurrents dont il se sent le plus proche ayant perdu toutes chances d'être élu!
Je suis furieux et amère et ne sais pas si je pourrais pardonner un jour...

20.1.08

Y a un os !!


Je suis aujourd'hui une énigme pour mes parents. Je grossis tout en mangeant un minimum. Mes parents se demandent où je peux emmagasiner les quelques miettes de rien du tout de ce que j'ingurgite. En effet mes repas se limitent à quelques yaourts, crèmes dessert, parfois quelques morceaux de poissons panés ou de cotes de porc et quelques cuillères de soupe de mamie. Cela fait peu à une époque où je suis censé me développer rapidement. Certes mes parents sont séparés pour les raisons antérieurement développées, c'est peut être le moyen que j'ai trouvé pour les interpeller sur cette situation. Cela dit, ceci n'est pure conjecture sachant que dans le doute , on cherche toujours une explication. L'énigme est que je ne maigris pas . Y a t il vraiment un rapport entre mon état psychologique et mon rapport à l'alimentation? Nous attendons tous une réponse à cette question à l'occasion de la prochaine visite à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux. En attendant, je souhaite à tous les enfants des parents qui nous lisent un bon appétit!

3.1.08

les élucubrations


Grâce au chomâge, maman et moi sommes au grand air depuis le mois d'octobre, nous sommes en Dordogne! Cette misère sociale m'a ouvert d'autres horizons : je respire mieux. J'ai fait la connaissance des cadichons qui font du lait, des cadichons qui courent le tiercé le dimanche et des lapins qui se planquent dans les fossés le long des routes, mais qu'on voit toujours à cause qu'ils ont les oreilles qui dépassent. Je vois des oiseaux à longues pattes qui cherchent les petites grenouilles dans les champs où sont les vaches. Mamie appelle ça des hérons.
Je regarde trente millions d'amis allongé sur le lit de papi et mamie. Je suis en admiration devant les chevaux et parfois m'endors devant la télé. Dans la journée, lorsque maman travaille,
je joue avec mamie. Le soir, je vais chercher maman au travail dans la voiture de mamie. Même qu'au retour, j'ai rendez vous avec papa en web cam qui lui,est resté à Amiens, en attendant sa mutation. Bientôt nous aurons une maison bien à nous et nous serons de nouveau ensemble, papa, maman et moi !

30.12.07

la fée bleue est passée par là

Demain, Alexandre aura 21 mois. A l'époque, il ressemblait à ce petit pantin de bois auquel un vieux marionnettiste italien souhaitait donner vie.
Aujourd'hui, la fée bleue a fait de Pinocchio un vrai petit garçon. Pour s'en convaincre, vous qui ne le connaissez peut-être pas, reportez vous aux illustrations antérieures.
Ce qu'il faut savoir avec les prématurés est, que le développement physique et moteur est plus long que chez un enfant né à terme. Les acquisitions telles que, le toucher, l'observation et la parole suivent à la même vitesse, mais que progressivement aux alentours du 18 ème mois, les courbes de croissance et d'acquisition, ont tendance à rejoindre celles des enfants du même âge, nés à terme. Si bien que lorsqu'Alexandre est au milieu d'enfants de son âge, il est difficile d'en déduire qu'il est né prematuré. La nature comblant toujours le vide, trouve toujours un moyen de le remplir.
Nous, parents de grand prématuré, constatons tous les jours dans son comportement, sa motricité et son appréhension de l'environnement, des progrès que nous n'arrivons pas toujours à expliquer, malgré l'attention et l'interet dont il fait l'objet. Ne croyez pas non plus comme on pourrait être tenté d'imaginer qu'Alexandre est plus fragile qu'un autre. Il ne va pas plus chez le médecin en moyenne que ses cousines nées à terme, au contraire. Nous pouvons néanmoins constater dans son comportement la recherche peut être accrue de l'interet et de l'amour de ses proches. En tant que parents mais aussi oncles et tantes nous avons l'impression qu'il recquièrt davantage la présence de sa famille. Si vous êtes recemment sortis de néonat' avec votre bout de chou, gageons que ces quelques lignes vous aiderons à être patients, car la patience est la plus grande exigence que réclame la condition de parents de grand prématuré.
Nous profitons de ces quelques lignes, pour souhaiter à nos plus fidèles lecteurs et à ceux et celles qui les rejoindrons une bonne année 2008, sous le signe de la joie et du bonheur.

29.12.07

c'est la belle nuit de Noël


J'ai été bien sage cette année et comme promis, Papa Noël m'a apporté des jouets.
On m'a beaucoup parlé de ce personnage agé et bedonnant, qui fait plaisir aux enfants. C'est la première fois que je le voyais de si près. Contrairement aux imposteurs des grands magasins, celui là n'avait pas les yeux vitreux et le nez rouge. Bien qu'il ne fut pas très bavard, il ne sentit point le vin, ni le spiritueux! J'ouvrais avec des yeux ebahis paquets et colis. Papa Noël m'avait apporté un toutou en bois avec la langue qui pendait et un escargot tout rond faisant des mélodies toutes jolies.
J'avais du être rudement sage car il revint le lendemain. Cette fois-ci, on sentait bien qu'il avait du se réchauffer pas qu'auprès des feux de cheminées. Ses gestes étaient hésitants et ses pas beaucoup plus chaloupés que la veille. Néanmoins, il sortit de sa hotte un garage avec trois petites voitures, représentant les services publics qui ont tendance à disparaitre dans les petites communes...Je n'eus pas le temps de le remercier car apparement des nains aux joues boursoufflées devaient l'attendre à la sortie de la cheminée ( il faut bien l'aider à se hisser car il a épaissit au fil des années). C'est ainsi, que l'attelage magique tiré par des rennes fatigués de leur harassante tournée, s'en est allé jusqu'à la prochaine année...

19.12.07

je galope


Ca y est enfin, j'ai pris mon envol! Je marche tout seul depuis fin Octobre
Même plus peur et même pas mal. C'était sympa dans les bras de mes parents, mais c'est mieux debout et toucher à tout. Tripoter, triturer, déranger, jeter par terre. Même si papa et maman me crient après , je sais que je pourrais recommencer! Ce que je ne me prive pas de faire dès qu'ils ont le dos tourné. Je peux carresser les toutous, tirer la queue des chats, tourner tout les boutons de la gazinière, arracher le fil de téléphone ce qui selon moi et nettement plus design. Je monte et je descend du lit de mes parents à volonté. Mais il ne faut pas croire que j'ai totalement renoncé à mon statut de bébé. En effet, pourquoi me casserais-je le tempérement à monter les escaliers à pieds alors que papa me prend aux bras sur trois étages!De surcroit pourquoi m'embeter à tenir mon biberon , alors que maman prend toujours autant de plaisir à me le donner. Mes parents sont bien gentils avec moi, il est normal que je leur accorde ces petits plaisirs!
La sagesse, c'est de savoir rester petit quand cela m'arrange et d'être grand quand ça dérange...
L'avantage de marcher c'est que l'on attire l'attention. J'ai appris à attendrir la gente féminine et a amuser les passants. Je découvre l'intelligence par le biais de la manipulation de mon petit monde. Ce n'est pas trop grave,car d'après papa, il y en a qui devienne Président de la République, avec les même procédés!

17.9.07

Petites reflexions


On écrit tout et n'importe quoi sur tout et n'importe quoi.
pour peu que l'on soit connu, on y va de sa prose car il est mieux vu d'être connu, que d'être reconnu. Moi , je ne suis personne. Je suis le papa d'un petit garçon dont la vie est le prétexte dont je me sers pour rendre service. A ceux qui comme moi ont cherché ou cherche encore des réponses à la question, pourquoi mon enfant est- il enfermé dans une boite relié à la vie par des fils dont il ne voit pas le bout? Qui se demandent en rentrant chez eux, ce que leur recele le répondeur et qui n'ont aucune idée de ce que leur réserve leur avenir de parents. Au surplus s'interdisent du plaisir et toute joie, ne réservant de sentiments qu'à une boite qu'on appelle couveuse, qui n'est ni plus ni moins l'extension du ventre dans lequel devrait se trouver leur enfant.
Au jour d'aujourd'hui, malgré que tout soit rentré dans l'ordre, je me demande toujours comment j'ai pu tenir dans de telles conditions d'austérité.Il me plaît à penser que c'est l'espoir qui m'a tenu en éveil. Ce même espoir, qu'au cours des textes que vous avez pu lire , j'ai essayé de vous faire partager. Le plus important n'est pas de savoir qui écrit quoi, mais pourquoi on l'écrit et à quoi cela va servir.
A ceux et celles qui me liront dans l'incertitude et le doute, je leur dirais: gardez à l'esprit, qu'il est plus facile de conserver une chose que de la faire grandir. Cela veut dire que non seulement vous devez croire au combat que mène votre enfant mais qu'en plus, vous devez y adhérer totalement comme si vous vous battiez pour survivre. Le combat achevé et que votre enfant sera à la maison, vous relierez ces quelques mots et peut être me comprendrez vous... Peut être ferez vous votre cette pensée d'André Malraux "La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie".
Je n'ai jamais souhaité donner une postérité à mon fils par ce blog, mais j'ai voulu retracer son combat, ainsi que nos joies, afin de prouver que la vie à toujours droit de citer, même dans la nuit la plus obscure. Pour vous en convaincre, regardez parterre, dans la rue et vous verrez que des petites fleurs de rien du tout parviennent, contre toute attente à percer le bitume!

1.9.07

On défait les valises


Il y a le ciel, le soleil et la mer... Refrain qui sied à des millions de vacanciers partis chercher le soleil dans le grand Sud!
Nous n'avons pas échappé à la règle.
Qui dit vacances dit farniente mais aussi progrès... En effet, l'esprit tranquille de Papa et Maman favorise l'esprit d'entreprise et l'initiative personnelle.
La marche a considérablement progressé, Alexandre ne penche plus son buste vers l'arrière et n'a besoin que d'un soutien symbolique (un doigt dans sa tite main juste pour rassurer). Le problème est que son pied droit reste perpendiculaire à sa jambe lors de la marche (le pédiatre ne s'affole pas sur ce sujet).
J'écrivais plus haut sur l'initiative personnelle: monter et descendre des fauteuils et canapés, aller dire bonjour aux "zanimos" de la télé, décrocher une savonnette ou une chaussure et dire avec un grand sourire: "allo?".
Le langage progresse aussi "Maman" revient souvent (même papa s'appelle Maman!).
Autre changement, Alexandre sait de lui-même fléchir ses genoux pour appréhender les objets au sol, pointe du doigt tout objet ou personne inconnue avec un "Ti"! qui nous interpelle.
Notre chienne Zoé s'est vu affubler d'un surnom, c'est Dada! Ainsi chaque chien ou chat devient Dada!
Le jeu devient omniprésent dans sa vie (favorisé par la proximité des parents), tout objet devient prétexte au jeu mais aussi au rapprochement et à l'encrage familial.
Sa mamie du Sud-ouest lui a offert un trotteur avec lequel il a exploré le jardin et ainsi fait connaissance avec oie, canards et autres "bétails" comme l'on dit en Picardie!
Sur laCôte d'Azur, Alexandre a essayé (timidement et bien protégé par une combinaison de "bébé-grenouille") le bain de mer sur la plage (varoise) de Sainte-Maxime!
Pique-nique avec ses grands parents niçois. Au programme: ballade au bord de mer, mondanités familiales, observation du chantier face à l'immeuble où nous habitions, shopping et bronzage (voir photo).
Au retour, après un ou deux jours de "décompression", nous avons laissé notre tibout un après-midi à la crèche: stupeur! tout a changé!
Des fées se sont penchées sur les pinceaux la perceuse et le mastic pour donner aux petits l'envie de revenir malgré la grisaille amiénoise dans un univers de gaieté et de couleurs.
Papa et Maman ont je crois eu plus de mal à s'adapter!
Voili voilou les vacances sont bien finies... Vive les prochaines!!!

19.7.07

L'heure du Choix


A peine un an s'est écoulé depuis la sortie d'Alexandre de l'hôpital et nous nous posons la question du petit frère ou de la petite soeur...
Issus de famille nombreuses, ses parents souhaiteraient qu'il ne s'ennuyât point.
Oui mais... Après avoir perdu son grand frère à un peu plus de 4 mois de gestation et les problèmes rencontrés par Alexandre que penser ? Ya-t-il une fatalité à vivre des grossesses problématiques?
Papa , lui, a peur de revivre un traumatisme de plus.
Impossible déjà d'évacuer ce qui a été vécu.
Maman croit qu'il ne faut pas vivre dans la peur et que chaque histoire diffère de la précédente.
Demain, Maman et Papa se retrouveront pour la première fois depuis 15 mois à la maternité afin de faire le point sur l'état de santé de Maman.
Celle-ci, met tous les atouts de son côté pour infléchir le destin, perte de poids, hygiène de vie...
Papa l'admire mais souffre de ne pouvoir la suivre mais espère beaucoup du rendez-vous de demain.
A la grâce de Dieu!

9.7.07

Attachement, appropriation, présence




Samedi 07 juillet 2007, Alexandre fêtait ses douze mois d'âge corrigé, rappelons que pour l'Etat Civil il en a quinze...
C'est incroyable de voir combien il a pris conscience de son appartenance à la structure familiale.

Outre le fait qu'il dise "Maman ou Papa", il réclame de plus en plus notre présence, il requièrt jour après jours plus de soin et plus d'attention.

De plus, il s'est approprié l'espace : il visite l'appartement ( surtout les endroits que nous lui interdisons!), il touche tout, prend tout, croque tout!

Il est chez lui et en a pris conscience car, à l'inverse des lieux où l'on l'amène on le sent apaisé et calme dans son environnement.

Nous avons pu noter également une certaine forme de jalousie lorsque par exemple Papa enlasse Maman,il tente de s'insérer entre nous comme pour marquer sa présence et son rôle désormais incontournable au sein de la cellule familiale.

Autre nouveauté, celle que je nommerai "la chasse aux câlins".

En effet, il sollicite fortement ses parents ou ses Doudous afin d'obtenir des instants fugaces de tendresse . J'avoue qu'en tant que père c'est cela qui me fait le plus craquer.

Pour résumer, je crois non sans nostalgie que notre bébé entame son inexorable course à l'indépendance et que dans un avenir très proche il se mue de bébé en enfant...

Ceci fera l'objet d'une nouvelle petite histoire...

23.5.07

L'eveil

Bientôt 14 mois et nous voyons ses centres d'intérêt s'élargir. Plus question pour Alexandre d'accepter le confinement du parc, il est question de se dresser le plus souvent possible sur ses petites jambes afin de repérer où il sera judicieux de ramper!
Bien que ses jouets soient disponibles, quoi de plus attractif qu'un "portable" ou qu'un balladeur tous deux éclairés comme des sapins de Noël...
Autre nouveauté qui peut paraître anodine: il se penche lorsque sa mère passe devant le téléviseur pour suivre Didou et autres Oui-Oui ou Grabouillon!
Lorsque sur le lit Papa enlasse Maman, ce petit malin passe sa petite tête sous le bras de Papa et veille à sa bonne moralité!!
Le jeu de cache-cache le fascine aussi bien qu'il ait compris qu'il puisse tricher en regardant dans l'interstice entre le chambranle et la porte (rires).
Monsieur raconte sa vie à son Doudou tout en fronçant des sourcils, interpellé et énervé par le mutisme de ce dernier!
Autre petite jubilation: glissade du canapé avec reception au sol et accrochage au genou de Maman ou Papa. Ce défi ne manque pas de l"éclater"!
Vivement les prochains progrés même si dans le fond ses parents ne soient pas si préssés de le voir grandir...

5.5.07

l'écharpe ombilicale


C'est drôle comme un petit objet de rien du tout peu prendre une importance considérable dans la "réparation" du traumatisme causé par la prématurité d'Alexandre. Par hasard, nous passâmes devant une boutique d'articles estampillés commerce équitable qui curieusement venait d'ouvrir. Irrésistiblement, nous fûmes attirés par les couleurs chatoyantes et apaisantes de cette petite boutique. Cependant, ce n'était pas que de la curiosité car, étaient vendus des articles pour enfants. Dans le fond du magasin, le vendeur nous présenta un modèle d'écharpe porte bébé tout droit sorti de l'imaginaire collectif. Il nous a paru evident que nous allions tenter une expèrience unique, qui pourtant fait le quotidien des femmes Africaines et Sud-Américaines. Une simple écharpe pausée sur l'épaule permet de porter Alexandre dans toutes les positions qui lui sied de prendre. Depuis "l'acquisition" de ce petit objet , je me sens mieux car je me suis réapropriée les mois de gestation qui m'ont fait défauts. J'ai vraiment l'impression lorsque je porte mon petit coquin d'avoir replacé le chainon manquant que la césarienne a mis en évidence. En effet, comme dans mon ventre, mon fils évolue dans un petit espace douillet et réconfortant parfois dans des positions rocambolesques! Bien que le lien mère -fils ait été toujours présent entre mon petit bonhomme et moi, il n'en demeure pas moins que je ressens que le destin m'a volé "ma grossesse". N'est-il pas curieux, de ressentir cette injustice 13 mois aprés sa naissance? La réponse est que longtemps aprés que l'on vous ait amputé d'une jambe vous continuez à en souffrir...

18.4.07

Debout l'horizon se dégage...

Ça y est, à un peu plus d'un an, notre petit bonhomme a décidé de se redresser!
Certes il ne fait qu'esquisser le pas et cherche encore son équilibre mais la volonté est là. Tout est bon pour s'accrocher : le pantalon de Papa, de Maman, les barreaux du parc, le transat... Mieux encore, ce matin au réveil nous fûmes surpris de le voir debout dans son lit, frappant la barrière de bois comme pour nous prier de nous lever!
Évidemment, nous sommes très présents afin de le motiver mais nous ne nous doutions guère que ses progrès seraient si rapides, tant est que même sa kinésithérapeute s'étonne!
Nous avons remarqué que l'achat d'une solide paire de chaussures de marche a également contribué au franchissement de ce nouveau palier décisif.
Contrairement à une idée rependue, un enfant qui rampe n'est pas obligé de passer par la phase 2 du fameux"4 pattes", il peut tout aussi bien du jour au lendemain adopter la posture verticale et ce, à un âge qui varie selon les enfants...
Ne soyez donc pas trop exigeants à l'égard de vos enfants et sachez SURTOUT respecter leur rythme!

1.4.07

un an déjà




Une première date importante pour moi, mon premier anniversaire. Pour fêter l'évenement, mes parents m'ont offert un long week end à la mer. Certes, je n'ai pas vu grand chose, car à mon âge, les préoccupations sont plutôt basiques. Néanmoins, je n'ai pas été indifférent à la nouveauté et notamment au plaisir gustatif. Contrairement à nos habitudes, nous avons mangé au restaurant et à la creperie: hummmm que c'est bon la crème chantilly et la glace à la vanille ( surtout quand une vilaine dent tente une percée le jour de mon anniversaire!).
Zoé, notre chienne était de sortie. Je ne sais pas si je vous l'ai dit, mais elle est un peu jalouse de moi, bien que protectrice et guette avec interêt la chute éventuelle de toute miette de biscuit ou goutte sucrée!
Bref, vous l'aurez compris, j'ai complètement éclipsé l'anniversaire de maman, qui pourtant était fêté en même temps que le mien. Il semblerait à en voir les photos qu'elle aussi l'ait oublié!
Ce matin, très tôt je me mis à hurler avant de me retrouver entre mes parents, privilège rare et extraordinaire à tel point que je me demande si je n'allais pas hurler de nouveau dans les prochains jours à venir ( rassurez vous c'est une blague).
Ce soir nous sommes rentrés, du Tréport et curieusement je me suis senti à l'aise dans mon qutotidien.
Les vacances c'est bien, mais rien ne vaut un chez soi acceuillant et sécurisant...

12.3.07

la mer de mon père

Nous avons profité des vacances de Février pour faire connaître à notre fils ses racines méditérranèenes. Ayant deux noms d'origine différente, nous nous devions de lui faire connaître cette mer si paisible qui vit grandir son père.
Pour l'occasion, nous avions organisé pour notre petit bout un baptême de l'air.
Contrairement à ce que nous avions supposé, il ne fut pas tant que ça impressionné par la différence de pression atmosphérique au décollage et à l'atérrissage.
Certes, en a t-il vu assez dans sa courte existence pour ne pas être impressionné par si peu? Il a fait la connaissance de ses aïeuls, de ses cousines et autres nouveaux '' visages familiers''. C'était sans doute le moment idéal pour lui faire connaître toutes ces nouvelles choses à un moment de sa vie où l'éveil est maximum, où la moindre sensation, le moindre parfum éveille en lui une curiosité sans pareil à telle enseigne qu'il en oublia d'être malade!

5.2.07

sur le chemin


Nous vous avons compté précèdement les épreuves que nous avons vécu, celles-ci bien que toujours présentes en nous s'estompent. A un peu plus de 10 mois aprés sa naissance, nos doutes et nos peurs laissent place à l'admiration et au bonheur. Alexandre n'est plus un grand prématuré, il est désormais notre enfant. Nous n'avons plus besoin de nous justifier en racontant son histoire. Au yeux du monde , il est à présent un bébé. A son arrivée en crèche, on a préparé l'acceuil d'un grand prématuré. Aujourd'hui, on nous relate '' les progrès de notre enfant''. Avec la quasi simplicité avec laquelle on raconte une histoire banale. Vous l'aurez compris la véritable victoire d'Alexandre est de se fondre dans la masse. Nous même sommes devenus les parents de notre enfant.Auparavant, nous n'étions que les accompagnants attentifs d'un enfant né trop tôt. Nous avons enfin le bonheur d'être simplement fiers des petits progrès quotidien de notre enfant. Le poids et la taille , par exemple, ne sont plus des indicateurs vitaux, mais de simples points de repères dans le temps. Sur le long chemin, sur lequel nous nous sommes engagés,nous voyons l'avenir comme nous aurions dû le voir au soir de sa naissance. Papa et maman ont la larme à l'oeil lorsqu'il s'agit de regarder bébé solidement campé sur ses bras. Cette posture est annonciatrice de sa volonté de se dresser avec pugnacité devant ses futurs défis. Sa différence devient enfin une force

7.1.07

Ces arheu qui nous interpellent


En couveuse, nous avions déjà avec notre enfant une forme de communication à base de sensation tactile : il était capable selon où l'endroit où il était caressé de savoir lequel de ses parents le dorlotait ou bien encore de ressentir une sorte d'apaisement.Cela restait néanmoins superficiel et primaire.
Aujourd'hui, notre bonhomme a neuf mois et a cependant des acquisitions de six mois...il se tient pratiquement assis, tente d'appréhender tous les objets à sa portée.
La Révolution réside dans le langage.Il sait se faire comprendre par gestes, mimiques, et petites onomatopées telles que: arheu, gu, bu ou gué. Ces petits mots en gestation expriment combinés aux mimiques un véritable langage que nous commençons à décrypter.
Il commence à éprouver le plaisir et à nous en renvoyer l'image au travers du rire et du sourire.
Ses pleurs peuvent être interprétés et nous mettre sur la voie de la résolution de son problème.
Ceci démontre que Françoise Dolto était visionnaire en affirmant que le bébé est une personne.

5.1.07

Premier voyage, premières vacances...

Pour la première fois depuis sa naissance, Alexandre a connu la joie des vacances. Pour ce faire, rien n'a été laissé au hasard, puisque, Monsieur a eu droit à la première classe du TGV! A notre plus grand étonnement, Bonhomme n'a pas été éffrayé. Au contraire, il a regardé avec le plus grand intérêt les gens aller et venir au wagon-bar, le paysage extérieur et la chienne qui nous accompagnait . Il a fait connaissance avec son grand-père maternel , les divers animaux que ses aïlleuls élèvent: chats,lapin domestique, canards, poules et coqs, oie de Guinée et les chiens pour la plupart trés agés,qui naguère protégeaient la maisonnée. Nous avons également tenté de nouvelles expériences gustatives dont la plus probante à son goût est certainement le petit suisse! Devant la cuillère il ouvrait une bouche béante, ce geste étant souvent accompagné d'un sourire béa! Bien entendu, il a fallu faire preuve de vigilance et donc prévoir même en vacances, les scéances de kiné-respiratoire.
Tout s'est donc trés bien déroulé parfaitement tant et si bien que, la nouveauté combinée à la bonne chair et à l'air de la campagne, Bonhomme a pris du poids et de l'assurance dans ses gestes.Autre nouveauté de taille: sa cousine Angélique dont il a fait connaissance en même temps que nous. Je profite de ces quelques lignes pour saluer ses parents. Seul bémol: bouhhh! Faut reprendre le boulot!

18.12.06

Bronchodysplasie

A l'intérieur du ventre maternel, les échanges gazeux (oxygène, gaz carbonique) se font par l'entremise du placenta. Les poumons n'étant pas développés,au fur et à mesure de la croissance de l'enfant, le système respiratoire se met en place. Oui mais.... que se passe-t-il lorsque bébé arrive trop tôt?
Et bien, le nouveau né se trouve en "détresse respiratoire". Il est confronté à un milieu pour lequel il n'est pas prêt. Que faire ?
Pas grand chose hélas! Soit on l'intube, soit il meurt. Problème: ses petits poumons "boostés" avant la naissance par des corticoïdes, puis aidés par le Surfactan dès les premières heures de sa vie extra-utérine, ne sont pas faits pour recevoir brutalement une quantité importante d'oxygène.
Résultat: les poumons et les bronches subissent des dommages inhérents à cette donnée.
Concrètement le "préma" sera longtemps suivi et abondamment protégé par la vaccination anti bronchiolite entre autre.
Il se peut donc que le Boutchou subisse la bronchodysplasie ( nécrose des alvéoles pulmonaires), votre enfant peut donc développer une toux grasse extrêmement bruyante, accompagnée, suivie ou précédée d'un sifflement perceptible lors de sa respiration.
Cette pathologie entraîne une prise en charge dans le cadre de la kinésithérapie respiratoire qui peut être couplée avec un traitement de fond à base de bécotide et de ventoline( les asthmatiques me comprendront!)
Là encore, sang froid et vigilance suffisent.
Sachez qu'un enfant né "préma" ou "grand préma" nécéssitera pendant de nombreux mois, après sa sortie de l'hôpital, des soins particuliers. Alors armez vous de patience et surtout ne vous desespérez pas, car cela n'arrive pas qu'à vous!

11.12.06

Aie j'ai mal


En regardant les maternelles, ce matin, je me suis remémoré ce qu'à l'époque je m'interdisais de penser, à savoir que mon enfant souffrait. Il existe de nombreuses techniques pour apaiser voir anihiler la douleur, telles que l'ingestion d'eau sucrée, les patchs anti-douleur et bien entendu les antalgiques. Cependant, il souffre bel et bien, même si son apathie apparente rassure bien des parents...
Pendant toute la période d'hospitalisation de l'enfant, des protocoles et des gestes médicaux sont prodigués. Ils ne sont pas anodins. Certes, ils sont indispensables à la survie de notre enfant, mais si celui-ci pouvait parler, il vous dirait d'arrêter de le torturer. Il faut savoir que la prématurité entraine des lacunes chez l'enfant mais malheuresement elles ne suppriment pas les sensations et notamment la douleur. Celle-ci est "opérationnelle" dès la 24 éme semaine de gestation car, les connections neuronales qui la véhicule sont en place à cet âge. Il n'est pas dans mon propos, question de culpabiliser les parents qui, face à une situation extrême, n'ont le choix que de s'en remettre au corps médical. Il est juste question d'informer sachant que tous les services de néonatalité n'ont pas de protocole commun de la gestion de la douleur et de politique de communication adéquate vis à vis des familles. Une chose est sure c'est que dans n'importe quel autre service où pourrait se trouver votre enfant, vous êtes considérés comme acteurs essentiels de sa survie et de son développement. Ne laissez personne empièter sur votre territoire. Le personnel soignant est là pour "soigner" et vous pour accompagner votre enfant. Les deux rôles sont complémentaires. L'un ne devant en aucun cas prendre le pas sur l'autre. Dans une couveuse, peu de bruits filtrent vers l'exterieur, mais beaucoup de choses se passent sans que nous en ayons conscience. Il appartient aux parents que vous êtes de regarder mais aussi et surtout de savoir VOIR ce qu'il se passe. Vous vous rendrez compte que cette réappropriation de votre rôle de parents se fait naturellement et vous ne le verrez plus dès lors comme un prématuré mais comme un bébé à part entière. Venir aux services de néonat', visiter son petit prématuré ou grand prématuré représente une part importante de votre temps et de votre énergie. Même si vous ne vous en rendez pas compte sur le moment, vous verrez quelques mois plus tard lorsque tout cela retombera, que vous aurez laissé dans cette expérience, une bonne part de vous même. Cela dit rassurez vous, vous serez des parents tout ce qu'il y a de plus normaux, lorsque votre enfant vous sera restitué. Une chose importante me vient à l'esprit : il faut poser toutes les questions qui vous tracassent, surtout si elles vous paraissent déplacées, car vous n'êtes pas médecins pour la plupart et que laisser une question sans réponse peut être une source de conflit au sein de votre couple. Votre enfant a besoin par dessus tout de la cohésion parentale. Ne laissez pas transparaitre, devant votre enfant , vos émotions, surtout vos craintes ou vos doutes. A l'image d'un disque dur, il imprime son subconscient, d'images de sons et d'impressions qui détermineront sa personnalité future. Nous nous permettons de vous rappeler à vous parents que nous sommes à l'écoute des questions que vous pourriez vous poser. N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse suivante : olivedenice03@aol.com . Nous vous répondrons autant que possible dans les meilleurs délais. Faites le savoir autour de vous.